Parcours touristique sur les traces de Jocelyne Saucier

L'itinéraire s'ancre dans trois romans, dont «Il pleuvait des oiseaux».

Nathalie Dumais a toujours été une grande voyageuse. Lorsqu’elle a pris sa retraite, elle avait la ferme intention de voyager et de passer beaucoup de temps avec ses proches.

Comme c’était à la fin de 2019, chacun imagine bien la suite : la pandémie a coupé ses projets court.

Elle s’est donc rabattue sur la lecture et le cinéma. «Je me suis plongée dans les romans de Jocelyne Saucier, qui m’ont beaucoup inspirée», fait-elle remarquer, plus de deux ans plus tard.

Elle a d’abord lu Il pleuvait des oiseaux, une ode à la liberté qui s’ancre dans le grand feu de Matheson de 1916, décorée de maints prix. À train perdu est paru en septembre 2020; elle a donc lu cette intrigue ferroviaire qui se déroule autour du Northlander. Puis, elle a mis la main sur Jeanne sur les routes, qui suit une activiste communiste qui habitait le Timmins bouillonnant des années 1930.

Vous l’aurez détecté : ces trois œuvres de Jocelyne Saucier ont un lien intime avec le Nord de l’Ontario. Nathalie Dumais s’est dit : «en temps normal, je voudrais sauter dans mon auto et aller dans le Nord-Est de l’Ontario pour découvrir ces endroits-là.»

Photo : Andréanne Joly

Des romans deviennent parcours touristique

Confinée chez elle, Nathalie Dumais s’est demandé : «Comment voyager différemment, virtuellement, du confort de son salon, ou en voiture, lorsque ce sera possible?»

Son projet de pandémie venait de naître : une carte interactive dans les paysages de ces romans, un parcours touristique et littéraire qui mène sur la route 11, de North Bay à Cochrane.

Le Parcours littéraire, historique et touristique sur les traces de Jocelyne Saucier présente neuf villes et villages du Nord-Est de l’Ontario, leur histoire et leurs attractions touristiques : les musées, les circuits pédestres, les plages, les bonnes tables et les microbrasseries, les ours polaires, même les cimetières qui ont marqué l'écrivaine. Sans oublier les thématiques reliées à l’œuvre de Mme Saucier, soit les grands feux, l’histoire des trains et le communisme.

Le tout, dans une présentation efficace, brève, légère, doublée de ressources touristiques.

Une écrivaine complice

L’équipe qui s’est formée autour du projet a eu le privilège de travailler avec l’écrivaine, qui s’est dite impressionnée et intimidée à l’idée que son univers imaginaire s’inscrive dans une réalité touristique. 

«C’est bien de voir des gens faire le parcours que j’ai fait pendant des années. On va découvrir et redécouvrir le Nord de l’Ontario», disait-elle lors du lancement de la route touristique qui porte son nom.

Pour le lancement, Jocelyne Saucier a repris la route vers l’Ontario, ce qu’elle n’avait pas fait depuis un certain temps. Pourtant, elle a arpenté le territoire pendant une quinzaine d’années. «Je suis votre voisine», rappelle l’Abitibienne.

Jocelyne Saucier et Nathalie Dumais au lancement du Parcours littéraire, qui a eu lieu le 26 avril 2022 au Musée de Timmins. Photo fournie par Nathalie Dumais.

«Mon intérêt est né en lisant le livre de Charlie Angus, Mirrors of Stone, où il parle de son enfance, de ses grands-pères. L’un était blanc, l’autre était rouge; je parle de communisme. J’ai été fasciné par ce livre.»

Elle s’est mise à faire la navette entre Rouyn et Timmins. Elle y a connu une militante communiste d’origine française, Jeanne Corbin, qui a habité Timmins dans les années 1930. Ça a donné Jeanne sur les routes (Éditions XYZ, 2006).

Quelques années plus tard, à bord du Northlander, elle rencontrait la vieille dame qui deviendrait la Gladys d’À train perdu (Éditions XYZ, 2020). C’était au moment où elle mettait la touche finale à Il pleuvait des oiseaux (Éditions XYZ, 2011), qui lui a valu de nombreux prix, qui a été traduit en 18 langues et qui a donné un magnifique film, porté par Andrée Lachapelle, Rémy Girard et Gilbert Sicotte.

Jocelyne Saucier aura parcouru le Nord-Est de l’Ontario, qu’elle surnomme affectueusement «sa nébuleuse», pendant 15 ans.

Photo : Destination Ontario

Une histoire fascinante

Charlie Angus a fait découvrir le Nord-Est de l’Ontario à Jocelyne Saucier, qui a son tour l’a fait découvrir à Nathalie Dumais, à qui il a fallu attendre à l’automne 2021 pour y mettre les pieds.

«J’avais le même sentiment que dans le Yukon ou dans le nord de l’Alberta [où elle a habité]. Deux choses m’ont frappé : les routes et le paysage. À Cochrane, avec le stationnement en angle sur des rues larges, j’avais vraiment l’impression de revenir au Yukon.»

Parmi ses coups de cœur :

  • Haileybury, avec le lac Témiscamingue, lui a rappelé son enfance. «J’ai passé mes étés le long du fleuve Saint-Laurent», confie-t-elle.
  • Cochrane, pour ses ours polaires et la gentillesse de ses résidants. «Ils sont à 40 % francophones, ce qui m’a renversé.»
  • Kirkland Lake, où elle a eu la chance d’assister à son premier pow-wow.

Elle souligne aussi l’amabilité et l’accueil des gens du Nord, qui l’ont marqué comme ils avaient marqué Jocelyne Saucier quelques années plus tôt.

«On sent encore les remous [de cette histoire] chez les gens qui l’habitent», explique d’ailleurs Jocelyne Saucier sur le site des 101 Expériences, qui loge le Parcours. «Le nord de l’Ontario a été porteur de tous les espoirs, il a attiré des gens de partout, il a été le creuset d’une vie nouvelle et farouchement libre.»

«J’ai été fascinée par ce que j’ai découvert : une histoire riche et mouvementée, des gens créatifs et déterminés, livre Nathalie Dumais. J’espère que ce parcours mènera beaucoup d’autres personnes à découvrir le nord-est de l’Ontario.»

Ça commence ici.

À propos de Andréanne Joly

Andréanne Joly aime explorer, fouiller et faire découvrir la francophonie de l'Ontario et ses espaces touristiques. Elle le fait depuis 20 ans et le ferait encore 100 ans! Par leur richesse, leur beauté et leur diversité, les destinations ontariennes ne cessent de l'épater.

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