Aventure de motoneige hors sentiers vers la baie James

Une expédition nord-ontarienne hors du commun

J’ai toujours aimé les raids en moto hors route. L’hiver, par contre, je suis surtout un motoneigiste de sentier. Début janvier, juste avant que la saison de motoneige s’installe pour vrai, j’ai décidé de sortir des sentiers battus et de mettre le cap vers le Nord de l’Ontario, direction la baie James.

Pour un motoneigiste qui veut voir autre chose que les sentiers fédérés et se lancer un défi différent, cette aventure nord-ontarienne est tout simplement exceptionnelle.

Motoneige en territoire sauvage : l’immensité du Nord ontarien

Dans cette immense étendue que ma guide connaît comme le fond de sa poche, la neige était complètement folle. On parle d’un territoire sans repères, sans sentiers tapés, sans circulation. Quand tu roules là, tu es réellement en pleine nature. Le silence est total. Il n’y a personne. Juste toi, la machine et l’horizon.

Je ne pars jamais seul. J’aime l’aventure, mais je la veux sécuritaire. Même si, côté mécanique, on est capable de se débrouiller, dans ce genre de terrain, partir avec une guide expérimentée n’est pas une option : c’est une nécessité.

Un chien observe une rivière gelée. On voit des traces de motoneige.
Le chien de William et Pam, au camp Onakawana. Photo : Eric Ménard

Une guide essentielle : Follow Her North

Je suis parti avec Mylène Coulombe-Gratton, fondatrice de Follow Her North. Ça paraît immédiatement qu’elle a grandi dans cet environnement. Elle connaît son territoire, la motoneige et les machines sur le bout des doigts.

Originaire de Hearst, elle a cet accent franco-ontarien coloré et vivant qui ajoute encore plus de saveur à l’expérience. Moi qui viens de l’Estrie, j’y ai retrouvé plusieurs expressions bien de chez nous.

De Cochrane à Otter Rapids : neige profonde et plaisir garanti

Notre départ s’est fait de Cochrane, en direction d’Otter Rapids. Les premiers kilomètres suivent des lignes de transmission hydroélectriques, plutôt plates, avant de plonger dans ce que tous les motoneigistes recherchent : de la neige profonde à perte de vue.

Par endroits, on parlait facilement de deux mètres de neige. Là, on peut vraiment s’amuser. C’est le genre de terrain qui te force à rester concentré, mais qui te donne aussi un plaisir brut.
« Tiens ça dans le fond, Léon! »

Une motoneige traverse un barrage hydroélectrique
Oui, la photo a été prise en traversant un barrage sur la rivière Abitibi. Après? Il fallait se concentrer sur la conduite! Photo : Eric Ménard

Nuit à Wawakawana : retour dans le temps

La première nuit s’est passée au camp Onakawana après 60 km sous les lignes d’Hydro-Ontario. Sans la cuisine complète et la génératrice, on aurait l’impression de remonter au début du 20e siècle. Le site est magnifique, isolé, et incroyablement apaisant.

On a partagé une excellente bouffe et pris le temps de discuter avec les propriétaires, William et Pam. Ancien pilote de brousse, le couple s’est installé ici, entre la rivière et la voie ferrée. Un petit sentier étroit, de type single track, relie le camp à la voie ferrée en une dizaine de minutes de motoneige, à une vingtaine de minutes de motoneige du pont de la rivière Abitibi.

L'auteur prend un selfie près d'un camp, en pleine forêt. Il porte son casque de motoneige.
Quel soleil! Le ciel du Nord ontarien, l'hiver est incomparable. Photo : Eric Ménard

Le lendemain, après avoir joué dans la neige avec nos machines pendant quelques heures, on a fait comme les Dalton, on a arrêté le train!! Bon, j’exagère, mais c’est une expérience impressionnante de voir un mastodonte d’acier s’arrêter un train en pleine forêt boréale pour nous laisser charger les motoneiges à bord et discuter avec les passagers, c’est une expérience unique en son genre. La guide avait prévenu Ontario Northland de notre point d’embarquement. À l’arrêt, deux employés ont sorti les rampes d’un wagon vide et, en quelques minutes, les motoneiges étaient à bord. Vraiment trippant!

Moosonee et la baie James : un accueil humain et chaleureux

L’aventure nous a ensuite menés jusqu’à Moosonee, sur la côte de la baie James. Partout, les gens nous souriaient et venaient spontanément nous parler. Ça faisait longtemps que je n’avais pas visité une communauté autochtone, et l’accueil a été remarquable.

Quand on va aussi loin, la curiosité est naturelle. On s’est fait demander ce que l’on faisait là, d’où l’on venait, où l’on allait. À l’hôtel, au village, dans le train, les échanges étaient sincères et humains. On a aussi très bien dormi au Super 8 de Moosonee.

L'auteur prend un selfie devant la gare de Moosonee.
Bienvenue à la gare de Moosonee, sur les côtes de la baie James. Photo : Eric Ménard

Le train Ontario Northland : une fin d’aventure unique

Oui, on a pris le train reliant Moosonee à Cochrane, le Polar Bear Express. Et ça, c’est clairement un des moments forts du voyage.

Dans le train, j’ai pris le temps de relaxer : un petit dodo, des discussions avec les passagers — surtout des gens qui vivent sur la côte — et un café au wagon-restaurant. Une façon parfaite de conclure l’aventure, du cœur de la forêt boréale jusqu’à Cochrane.

Un convoi de motoneiges s'apprête à charger les motoneige à bord d'un train
Prêt à charger? Photo : Eric Ménard

Motoneige hors sentiers : une expérience encadrée et accessible

Dans un territoire aussi vaste et isolé, il n’y a personne pour venir te sortir d’un pétrin. C’est pourquoi la présence d’une guide compétente est essentielle. Mylène Coulombe-Gratton connaît le terrain, sait gérer les grosses machines dans la neige profonde et a l’énergie nécessaire pour intervenir quand ça devient physique.

Mylène, de Follow Her North, est tout simplement exceptionnelle. Malgré son jeune âge, son expérience est impressionnante. C’est clair qu’elle a grandi là-dedans.

Pour un motoneigiste habitué aux sentiers fédérés, passer à une aventure hors sentiers, dans une immensité de neige, bien accompagné, c’est une expérience marquante.

Je suis moi-même guide de voyage moto et, honnêtement, je lui dis : chapeau.
Cette aventure de motoneige vers la baie James est tout simplement incomparable.

L'Auteur prend un selfie sur une route de terre battue. Un groupe est derrière lui.
Eric Ménard est habitué au hors route.... en moto. Photo : Eric Ménard
À propos de Eric Ménard

Éric Ménard est l'animateur de l'émission Le Show de moto, diffusé au RDS.

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